Le blog-notes mathématique du coyote

 

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Editorial

Ce blog a pour sujet les mathématiques et leur enseignement au Lycée. Son but est triple.
Premièrement, ce blog est pour moi une manière idéale de classer les informations que je glâne au cours de mes voyages en Cybérie.
Deuxièmement, ces billets me semblent bien adaptés à la génération zapping de nos élèves. Ces textes courts et ces vidéos, privilégiant le côté ludique des maths, pourront, je l'espère, les intéresser et leur donner l'envie d'en savoir plus.
Enfin, c'est un bon moyen de communiquer avec des collègues de toute la francophonie.

lundi 24 mai 2010

Mort de Martin Gardner

Le journaliste, mathématicien et écrivain américain Martin Gardner, connu notamment pour avoir popularisé les mathématiques récréatives, est décédé samedi, à l'âge de 95 ans, après une courte maladie, à l'Hôpital régional de Norman, Oklahoma.
Personnalité reconnue et influente dans le domaine des jeux mathématiques, de la magie et des énigmes, Martin Gardner a réalisé des publications de toutes sortes - articles, livres - sur tous les sujets - science, mathématiques, philosophie, littérature et prestidigitation. Fils d'un géologue et producteur de pétrole, il étudie la philosophie à l'Université de Chicago et travaille comme reporter au 'Tulsa Tribune' avant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir servi quatre ans dans la marine, il revient à Chicago où il commence sa carrière de romancier en publiant des nouvelles. Il déménage à New York, et écrit pour le 'Humpty Dumpty magazine' pendant 8 ans avant de remplir pendant 25 ans les pages de la rubrique 'Jeux mathématiques' du 'Scientific American'. 'The Annotated Alice', analyse du roman de Lewis Carroll, est son ouvrage le plus apprécié, suivi de très près par 'The Flight of Peter Fromm' et 'Visitors from Oz'. Il a écrit plus de 70 livres.
Mais c'est en janvier 1957 que sa rubrique mensuelle,- issue d'un article sur le pliage du papier, les hexaflexagones- dans la revue Scientific American lui apportera une célébrité qui ne s'est plus jamais démentie. De 1957 à 1980, il a chaque mois analysé, disséqué, développé, réinventé tous les thèmes existant de la récréation mathématique, de la topologie à la théorie des nombres, en passant par les paradoxes logiques ou géométriques, l'analyse de jeux de société comme les solitaires, les jeux de lettres et du langage, les puzzles en tout genre . Cette rubrique a d'ailleurs été reprise en 1977 par l'édition française du Scientific American : Pour la science. Il a su tirer la quintessence des trouvailles de ses précurseurs comme Loyd, Lucas, ou Dudeney, mais aussi puiser à des sources nouvelles comme celles de l'école russe de Kordiemsky dont il a introduit, adapté et édité les Moscow Puzzles (1971).
Depuis 1982, retiré à Hendersonville, en Caroline du Nord, il a cessé la chronique qui a assuré sa renommée mais continue à écrire, en particulier dans The Skeptical Inquirer, revue trimestrielle du comité pour la recherche scientifique vis-à-vis des phénomènes paranormaux avec tout ce que cela comporte de polémiques et de critiques à l'égard de ses prises de position.

Quelques-uns de ses livres, disponibles sur Amazon :

Sources : The Associated Press, Fatrazie, Evene

mercredi 28 avril 2010

Mort de Denis Guedj

L'écrivain et mathématicien Denis Guedj, professeur d'histoire et d'épistémologie des sciences mais aussi comédien et scénariste, est mort samedi à l'âge de 69 ans, a annoncé mardi à l'AFP sa famille.
Né en 1940 à Sétif (Algérie), il est l'auteur de nombreux essais et romans mettant en scène les sciences, les mathématiques et leur histoire. Il a collaboré au quotidien Libération de 1994 à 1997, écrivant des chroniques qui ont été rassemblées dans l'ouvrage "La gratuité ne vaut plus rien " (Le Seuil 1997).

Denis Guedj a atteint la notoriété en 1998 avec la publication de son roman "Le théorème du perroquet" (Seuil), une odyssée sur l'origine et la petite histoire des mathématiques. Dans ce livre entre récit d'aventure et polar, il fait revivre la naissance des mathématiques, les lieux où elles ont été créées. On y apprend par exemple que les "chiffres arabes", de 1 à 9, ne sont pas si arabes que cela...
Il a aussi publié en 2000 "Le Mètre du monde" (Seuil) dans lequel il raconte comment le système métrique décimal s'est imposé pendant la Révolution française.
En 2003, il publie "Les Cheveux de Bérénice" (Seuil) où le mathématicien Ératosthène, directeur de la Grande Bibliothèque, est chargé par Évergète de mesurer la circonférence de la Terre.
En 2005, il a publié un roman sur l'invention du zéro, à travers la vie de cinq femmes, à cinq époques différentes dans "Zéro : Ou Les cinq vies d'Aémer" (Robert Laffont), et en 2007, chez le même éditeur "Villa des hommes " dans lequel il fait se rencontrer en 1917 dans un hôpital psychiatrique un vieux mathématicien allemand célèbre et un jeune soldat français.
Enfin, en 2008, il publie "Les mathématiques expliquées à mes filles" (Seuil)

Au cinéma, il a notamment écrit et réalisé une fiction documentaire "La vie, t'en as qu'une" en 1978. Il était enseignant à l'université Paris VIII.

(Source AFP via Le Parisien)

Un de mes premiers billets sur ce blog avait été une interview de Denis Guedj. C'est l'occasion de la relire.

mardi 20 octobre 2009

Le grand mathématicien Israel Gelfand est décédé

Israel Gelfand était l’un des plus grands mathématiciens de la seconde moitié du XXième siècle. Ses contributions embrassaient presque tous les domaines des mathématiques mais il était surtout connu pour ses travaux en analyse fonctionnelle et leur impact en théorie quantique et en imagerie médicale.

Né le 2 septembre 1913 en Ukraine, Israel Gelfand faisait partie de ceux dont on peut dire que leur cerveau n’est pas « câblé comme le commun des mortels », comme c'est le cas par exemple d'un Edward Witten. Cloué dans un lit d’hôpital pour une appendicite à l’âge de 15 ans il en profita pour maîtriser un traité de calcul infinitésimal en moins de deux semaines. En 1930, Gelfand avait 17 ans et vivait à Moscou. Avant d'avoir terminé ses études au lycée, il en était à chercher un travail. Il réussit à s’immiscer dans les séminaires de mathématiques de l’université et, deux ans plus tard, fut directement admis en école doctorale.
Elève du grand Kolmogorov, il fut à l’origine d’un séminaire de mathématique devenu légendaire et qui se poursuivit tous les lundis soirs pendant 50 ans devant une centaine de mathématiciens. Une revue complète de ses contributions en mathématique serait difficile mais bien des théorèmes portent son nom, que ce soit en théorie de la représentation des groupes, en théorie des algèbres des opérateurs et autres branches des mathématiques à la racine des équations de la physique quantique.

Un grand chercheur mais aussi un grand enseignant

Préoccupé par l’enseignement des mathématiques, il fut à l’origine d’une série de cours par correspondance destinés à des adolescents doués ne pouvant pas bénéficier pour différentes raisons d’un enseignement de qualité. Le décès de l’un de ses fils des suites d’une leucémie le conduisit à s’intéresser de près à la biologie à partir de 1958.
Emigré à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, il continua à enseigner à Harvard, au MIT et enfin à l’Université Rutgers. Il continua à rester actif et prolifique bien qu’à un âge avancé, ce qu’il attribuait au régime strictement végétarien que lui et sa femme suivaient. Considéré comme l’égal de Euler, Hilbert ou encore Poincaré, Israel Gelfand a été l’auteur d’environ 800 articles et 30 livres, dont un célèbre traité sur les distributions en plusieurs volumes. Il s’était vu attribué les prix Wolf et Steele en mathématiques ainsi que le prix Kyoto. Il est décédé le 5 octobre 2009 aux Etats-Unis.

Source : Furua-Sciences

jeudi 4 décembre 2008

Mort de Kiyoshi Itô

Figure légendaire des probabilités et père du calcul stochastique, le mathématicien japonais Kiyoshi Itô est mort à Kyoto (Japon) lundi 10 novembre, à l'âge de 93 ans. Ses travaux ont notamment été récompensés par le premier prix Gauss, décerné en 2006 par l'Union mathématique internationale (UMI) et l'Union mathématique allemande (DMV) et distinguant une oeuvre mathématique aux nombreuses applications. Peu de mathématiciens peuvent se targuer d'avoir autant contribué que M. Itô à façonner le monde. Ses travaux ont irrigué nombre de domaines étrangers aux mathématiques, depuis l'aéronautique et la biologie jusqu'à la finance.
Né le 7 septembre 1915 dans une région rurale du nord du Japon, il étudie les mathématiques à l'université de Tokyo à une époque où, selon lui, les probabilités ne constituent pas encore une discipline à part entière. "Quand j'étais étudiant, dira-t-il en 1998, en recevant le prix Kyoto pour les sciences fondamentales, il y avait très peu de chercheurs en probabilités. Avec, parmi les rares, Kolmogorov en Russie et Paul Lévy en France."
Diplômé en 1938, il rejoint le Bureau des statistiques japonais, où il restera jusqu'en 1943. Un an plus tôt, il publie une contribution dans Japanese Journal of Mathematics qui marque le début de ses travaux sur les processus aléatoires - ou "stochastiques". Nommé maître de conférences à l'université de Tokyo en 1943, il obtient son doctorat deux ans plus tard.
Ses premiers travaux ne sortent guère du Japon quelque peu enclavé de l'après-guerre. Dans les années 1950, plusieurs séjours à l'étranger, en particulier au célèbre Institute for Advanced Studies (IAS) de Princeton (Etats-Unis), lui permettent de diffuser ses idées.
"Kiyoshi Itô est aujourd'hui au moins considéré comme le plus grand probabiliste du XXe siècle", dit le mathématicien Jean-Pierre Bourguignon, directeur de l'Institut des hautes études scientifiques (IHES). Lorsqu'un phénomène est aléatoire (ou pseudo-aléatoire) - mouvements d'une molécule de gaz dans une enceinte, variations du cours d'une action, turbulences de masses d'air, etc. -, la fonction mathématique qui le décrit ne se plie guère aux techniques d'analyse classiques. Le grand apport du mathématicien japonais a été d'inventer les outils - en particulier la "formule d'Itô" - capables d'examiner et de manipuler de manière comparable les processus aléatoires et les processus déterministes (ou classiques).

LE PÈRE DU "CALCUL STOCHASTIQUE"

"Au lycée, on apprend le principe simple selon lequel une fonction dérivable est l'intégrale de sa dérivée, explique Jean-François Le Gall, professeur à l'université Paris-XI et membre de l'Institut universitaire de France. La "formule d'Itô" est un outil qui permet de généraliser ce principe aux fonctions irrégulières parce que dépendant du hasard." Cette "formule d'Itô" (ou lemme d'Itô) forme la pierre angulaire de ce que les mathématiciens appellent le "calcul stochastique", dont Kiyoshi Itô est véritablement le père.
Le calcul stochastique a bien sûr des applications dans la finance. "En mathématiques financières, toutes les applications liées au problème d'évaluation d'actifs ou de produits financiers comme les options d'achat ou de vente reposent sur le calcul stochastique", explique M. Le Gall.
Les solutions aux problèmes de probabilités appliqués, comme les problèmes dits de "filtrage" - où l'on ne "voit" qu'une partie du problème que l'on cherche à résoudre -, reposent aussi sur les contributions de Kiyoshi Itô. "Par exemple, le déplacement d'une fusée n'est pas exactement la solution d'une équation différentielle classique : il est la solution d'une équation différentielle perturbée par des petits "bruits" aléatoires comme les variations du vent sur la carlingue, les vibrations du moteur, etc., illustre M. Le Gall. Ce type de problèmes se traite grâce au calcul stochastique d'Itô."
"Kiyoshi Itô est pour moi la figure emblématique du mathématicien dont les travaux, pourtant très fondamentaux, trouvent en définitive d'innombrables applications en dehors des mathématiques", dit M. Bourguignon. Même si, ajoute M. Le Gall, ses apports ont eu, "pour les mathématiques elles-mêmes, la plus grande importance".

Stéphane Foucart, dans Le monde.

mardi 19 août 2008

Décès du mathématicien Henri Cartan

Le grand mathématicien français Henri Cartan est mort le mercredi 13 août, à l'âge de 104 ans. Ses obsèques auront lieu mercredi à Die, dans la Drome. La levée de corps aura lieu la veille à Paris, dans l'après-midi.
Fils d'Élie Cartan (1869-1951) qui fut avec Henri Poincaré, un des plus illustres mathématiciens français du début du XXe siècle, Henri Cartan a dominé la deuxième moitié du siècle. Ses travaux portent sur les fonctions analytiques de plusieurs variables complexes ainsi que sur la topologie algébrique et sur l'algèbre homologique.
Professeur à l'École nationale supérieure (ENS) de la rue d'Ulm de 1940 à 1965, il a joué un rôle majeur dans le développement de l'école mathématique française de l'après-guerre. Il a formé plusieurs générations de mathématiciens parmi lesquels Jean-Pierre Serre (médaille Fields 1954) et René Thom (médaille Fields 1958). Entre 1948 et 1964, Henri Cartan a animé un séminaire à l'ENS resté célèbre. Chaque année, un thème était choisi. Les exposés présentés à cette occasion constituent encore aujourd'hui des documents de référence.
Le nom d'Henri Cartan est associé à celui du groupe Bourbaki qu'il a fondé en 1935, avec entre autres André Weil, Claude Chevalley, Jean Delsarte et Jean Dieudonné. Ce groupe a publié à partir de 1939 Éléments de mathématique, un gros ouvrage composé de dix volumes, destiné à unifier la discipline. Son influence a été décisive durant la période 1940-1980, et reste encore très importante jusqu'à maintenant.
Henri Cartan a été président de la Société mathématique de France en 1950, membre du comité Fields en 1954 et président de l'Union mathématique internationale, de 1967 à 1970. Il a reçu la médaille d'or du CNRS en 1976 et a été l'un des premiers titulaires du prix international Wolf de mathématiques (Israël, 1980).
Mathématicien mais aussi militant de la liberté, Henri Cartan a activement soutenu avec Laurent Schwartz ses pairs persécutés par des régimes totalitaires comme les Russes Plioutch, Chikhanovitch et Chtcharanski et l'Uruguayen Massera. Partisan ardent de la construction de l'Europe, il s'était aussi engagé dans le Mouvement fédéraliste européen dont il fut président de 1974 à 1985.

Source : Le figaro

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