La substitution homophonique

Pour échapper à l'analyse de fréquences, une solution consiste à remplacer une lettre non pas par un symbole unique, mais par un symbole choisi au hasard parmi plusieurs. Dans sa version la plus sophistiquée, on choisira un nombre des symboles proportionnel à la fréquence d'apparition de la lettre; on parle alors de renversement des fréquences. Ce type de substitution est appelé substitution homophonique (on dit aussi substitution à représentations multiples). On peut situer l'âge d'or de la substitution homophonique entre 1500 et 1750.
Un des premiers exemples de chiffre homophonique est un texte de Michele Steno (doge de Venise) de 1411. Il se contentait de choisir plusieurs symboles pour les voyelles. Il utilisait aussi des nulles et des caractères spéciaux pour certains mots courants.


Michele Steno,
doge de Venise, 1400 - 1413

Exemples d'alphabets à substitutions multiples

Le chiffre de Philibert Babou de 1558 est un exemple plus fin, mais il ne correspond pas non plus aux fréquences d'apparitions des lettres en français. Pour dérouter le décrypteur, Babou insère également des lettres nulles, des symboles spéciaux pour chiffrer les bigrammes, et un petit nomenclateur.

Babou, cryptanalyste de François Ier, se donna corps et âme au service de son roi, décryptant sans relâche. Mais cette ardeur excessive l'empêcha de voir sa femme, qui devint la maîtresse du souverain!

Ci-contre, alphabet à substitutions multiples de Giovani Battista Palatino (vers 1540)


Il semblerait que François Viète ait construit pour Henri IV un code plus élaboré en 1604.


Références


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