Le blog-notes mathématique du coyote

 

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Editorial

Ce blog a pour sujet les mathématiques et leur enseignement au Lycée. Son but est triple.
Premièrement, ce blog est pour moi une manière idéale de classer les informations que je glâne au cours de mes voyages en Cybérie.
Deuxièmement, ces billets me semblent bien adaptés à la génération zapping de nos élèves. Ces textes courts et ces vidéos, privilégiant le côté ludique des maths, pourront, je l'espère, les intéresser et leur donner l'envie d'en savoir plus.
Enfin, c'est un bon moyen de communiquer avec des collègues de toute la francophonie.

mardi 5 septembre 2006

Perelman et la médaille Fields 2006

Grigori Perelman est un natif de Saint-Pétersbourg de 40 ans. Il a gagné la médaille Fields, qui est considérée comme l'équivalent du prix Nobel, créée en 1936, et délivrée tous les 4 ans à des mathématiciens de moins de 40 ans. Il a réussi un tour de force en topologie et cela pourrait même, selon les experts, aider à connaître la structure de l'univers. Les trois autres lauréats sont Wendelin Werner, 9ème Français à recevoir cette distinction, l'Australien Terence Tao et le Russe, Andrei Okounkov.
Perelman n'est pas venu à la cérémonie. De plus, Perelman semble désintéressé du million de dollars US auquel il aura droit dans deux ans pour la résolution de ce théorème bien spécifique (les spécialistes étudient la preuve donné par Grigori Perelman pendant cette période).
Il a pourtant de quoi être fier d'avoir prouvé la conjecture de Poincaré : un théorème qui décrit la nature de l'espace multi-dimensionnel : une des grandes énigmes du vingtième siècle.
L'insaisissable savant russe, récemment disparu de la circulation, était pourtant donné gagnant par tous les pronostics. Les organisateurs ont été particulièrement indisposés, d'autant plus que c'est le roi d'Espagne Juan Carlos qui a remis les médailles.
Les anciens collègues de Perelman assurent dans la presse russe que le mathématicien a interrompu tout contact avec le monde extérieur. Les personnes comme Grigori Perelman "sont des originaux qui se comportent différemment de la majorité des gens", a expliqué un chercheur de l'Institut de mathématiques de Saint-Pétersbourg, soulignant qu'il ne pouvait dire "où l'originalité finit et où quelque chose d'autre commence". Les seules informations qui circulent sur lui, sont qu'il a les yeux bleus, les cheveux bruns, une barbe et qu'il a fêté ses 40 ans en juin. Originaire de Saint-Pétersbourg, il a enseigné à Berkeley en Californie dans les années 1990, avant de passer à l'Institut de mathématiques Steklov de Saint-Pétersbourg, dont il vient de démissionner.

A lire :

Grigori Perelman, génie russe indifférent à la gloire (RIA Novosti)
Le "Nobel des mathematiques" au Russe Perelman et au Français Werner (Yahoo France Actualités)
Le génie des maths retiré du monde (Journal du Dimanche)

samedi 13 mai 2006

Le cas de Sophie K.

Au théâtre national de Chaillot se joue actuellement une pièce dont l'héroïne est une mathématicienne russe: Sofia Kovalevskaïa. Elle fut la première femme au monde à obtenir un doctorat de mathématiques, en 1874 à l'université de Göttingen. Voici la présentation qu'en fait l'auteur.

Sophie Kovalevskaïa : une rencontre
J’ai rencontré Sophie K., comme on rencontre une femme, par hasard ; après coup le hasard se change parfois en nécessité. Ce jour-là, je baguenaudais au BHV – j’aime beaucoup le BHV ; le BHV devrait sponsoriser tous mes spectacles (ah ! le sous-sol du bricolage, quelle invitation à l’art, d’un bricolage l’autre…) –, quand passant par hasard au rayon livres du magasin, je vis, au bout de sa gondole, Sophie qui m’attendait. Il y a souvent des gondoles dans les histoires d’amour. Le nom russe, le prénom, ce titre, Une nihiliste, sur la couverture cette femme un peu triste qui marche d’un pas décidé, vers son destin sans doute : je tombe en arrêt. Je prends le livre. Aussitôt festival de synapses sous mon crâne : elle a été admirée par Darwin, me dit la quatrième de couverture. Darwin : justement j’étais en pleine évolution ! (certains se souviennent peut-être encore des Variations Darwin ici-même). Voilà : Darwin passe le témoin, Sophie entre dans ma vie et dans mon théâtre. Elle avait vraiment toutes les raisons d’y entrer. Sophie était même trop belle : mathématicienne et écrivain, elle met en équation la toupie et sa jeunesse en roman ; elle laisse son nom à un théorème (avec Cauchy) et signe un grand drame (avec l’écrivain suédois Charlotte Leffler), c’est donc qu’elle tente, sinon de réconcilier, du moins de concilier l’invention mathématique et l’imagination littéraire. Il y a là de quoi intriguer un théâtre qui, depuis quelques temps, se risque du côté de chez les savants. Avouez qu’il serait bien intéressant d’être dans le secret de ce cerveau amphibie ! D’où la gageure d’y installer notre scène et de tâcher de voir ce qui s’y passe, comment y coexistent la poésie ou la prose avec les équations aux dérivées partielles, le désir d’émancipation et les intégrales abéliennes dégénérées, etc. Sophie K., c’est une oeuvre et une vie qui fut aussi un roman. Une vie brève (elle meurt à quarante et un ans en 1891) mais qui épouse son époque et s’y épuise : enfance et adolescence d’une aristocrate russe touchée par les idées nouvelles, mariage blanc pour quitter sa famille et partir faire des études, exil, l’Allemagne pour étudier les mathématiques mais sans avoir le droit de fréquenter l’université, la France de la Commune, la Suède qui lui donnera son poste de professeur d’université, le premier attribué à une femme en Europe. Et ce talent pour être aux bons endroits pour rencontrer les bonnes personnes : Dostoïevski, George Eliot, Herbert Spencer, Darwin, Tchekhov comme aussi le grand mathématicien allemand Weierstrass ou Poincaré. Une telle vie, c’est tout un monde. Les présentations sont faites : que la représentation commence.

Jean-François Peyret

A voir: un extrait du spectacle

lundi 2 janvier 2006

M43

Le nombre 230402457 - 1 est devenu le plus grand nombre premier découvert à ce jour, c'est-à-dire un nombre divisible uniquement par 1 et par lui-même. Ce nombre est un nombre premier de Mersenne, c'est-à-dire dont l'écriture est la suivante: 2 puissance un nombre premier (ici 30402457) auquel on retranche 1.
Ce nombre, baptisé M43 (pour le 43ème nombre premier de Mersenne connu), contient tout de même 9'152'052 chiffres et a été découvert grâce au projet GIMPS (Great Internet Mersenne Prime Search) par les docteurs Curtis Cooper et Steven Boone de l'Université Centrale de l'Etat du Missouri (CMSU). C'est la technique de la grille de calcul (grid computing), c'est-à-dire la distribution de la charge de calcul auprès d'une multitude d'ordinateurs interconnectés, qui a permis cet exploit.
Le projet GIMPS a pu regrouper au sein d'une grille les ordinateurs de volontaires et bénévoles répartis tout autour de la planète, grâce au réseau Internet. La plupart des projets utilisant le calcul distribué récupèrent la puissance informatique non employée des machines de ses contributeurs, de manière complètement transparente. Dans le cas présent, ce sont tout de même plus de 200 000 ordinateurs répartis sur les cinq continents, en plus des 700 ordinateurs de l'université CMSU, qui ont permis de découvrir M43 en à peine... 10 mois. L'appartenance de ce nombre à l'ensemble des nombres premiers a été vérifiée bien plus rapidement, en cinq jours à Grenoble par un chercheur de Bull grâce à un supercalculateur.

Source : www.techno-science.net
A voir: Mersenne.org

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