Le blog-notes mathématique du coyote

 

Extra
Langues :

Editorial

Ce blog a pour sujet les mathématiques et leur enseignement au Lycée. Son but est triple.
Premièrement, ce blog est pour moi une manière idéale de classer les informations que je glâne au cours de mes voyages en Cybérie.
Deuxièmement, ces billets me semblent bien adaptés à la génération zapping de nos élèves. Ces textes courts et ces vidéos, privilégiant le côté ludique des maths, pourront, je l'espère, les intéresser et leur donner l'envie d'en savoir plus.
Enfin, c'est un bon moyen de communiquer avec des collègues de toute la francophonie.

mercredi 14 novembre 2012

Prix Nobel d'économie 2012

Les Américains Alvin Roth et Lloyd Shapley ont obtenu le Prix Nobel 2012 d'Économie pour leurs travaux sur la meilleure manière d'accorder offre et demande sur un marché, avec des applications dans le don d'organes et l'éducation. "Cette année le prix récompense un problème économique central : comment associer différents agents le mieux possible", a indiqué l'Académie royale suédoise des sciences.
Lloyd Shapley, 89 ans, professeur à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), est un pionnier de la théorie des jeux. Celle-ci étudie mathématiquement la façon dont des acteurs prennent des décisions stratégiques pour servir leur intérêt propre et anticiper les réactions des autres, sans toujours y parvenir. Vu son âge, il était considéré comme l'un des "nobélisables" qui risquaient d'être oubliés dans le palmarès, même si son champ de recherche n'est pas le plus populaire chez les chercheurs en sciences économiques. Il a "utilisé ce qu'on appelle la théorie des jeux coopératifs pour étudier et comparer diverses méthodes" destinées à faire concorder offre et demande, a expliqué l'Académie royale suédoise des sciences. Et il est parti de l'exemple des mariages, donnant un algorithme qui permettrait (en théorie) de donner à chaque célibataire dans un groupe donné le meilleur conjoint.
Concrètement, l'une des applications est "l'affectation de nouveaux docteurs dans les hôpitaux, d'étudiants dans les écoles, des organes à transplanter avec les receveurs". "Lloyd Shapley a su démontrer comment la conception spécifique d'une méthode (devant accorder offre et demande, NDLR) peut systématiquement bénéficier à l'une ou l'autre partie d'un marché", a-t-elle ajouté.

Pour en savoir plus : lire l'article d'Images des mathématiques.

vendredi 31 août 2012

Olympiades Mathématiques d’Europe Centrale (OMEC) à Soleure

La passion des mathématiques sera vécue intensément à Soleure (Suisse) du 6 au 12 septembre 2012 par quelques 60 jeunes de 10 pays européens, venus dans la ville des ambassadeurs pour participer aux Olympiades Mathématiques d’Europe Centrale (OMEC) et résoudre des problèmes épineux seuls ou en équipe.

Voir le communiqué aux médias (pdf).

mardi 24 avril 2012

Cours CRM 2012

Sujets d'applications des mathématiques
La diversité des contenus de la partie applications des mathématiques des cours de l'option spécifique physique et applications des mathématiques offre aux enseignants la possibilité d'une certaine créativité, et permet aux élèves d'accéder à un enseignement riche et varié. Ce cours de formation continue, loin de vouloir unifier ces enseignements, souhaite présenter aux participants divers sujets enseignés au secondaire II.
Après une rapide présentation d'une enquête réalisée par la CRM sur de la situation actuelle de l'enseignement de l'application des mathématiques, plusieurs professeurs de gymnase présenteront l'un ou l'autre sujet étudié en classe. Des intervenants extérieurs compléteront ces présentations.

Informations et inscription

lundi 9 janvier 2012

Chute vertigineuse du cours de l'euro

Vu sur le Journal de la TSR ce soir (1:30 après le début de la vidéo) :


Chute impressionnante, sauf que quand on regarde bien les chiffres à droite...

dimanche 25 septembre 2011

Les olympiades mathématiques belges (OMB 2012)

Les olympiades mathématiques belges constituent l’une des plus anciennes compétitions à destination des élèves de l’enseignement secondaire belge et luxembourgeois francophone (il existe une olympiade de mathématique néerlandophone, particularité belge oblige). Un succès qui ne s’est jamais démenti depuis 37 éditions (29 000 participants en 2011).
C’est en 1976, sous l’impulsion de Francis Buekenhout – professeur à l’Université Libre de Bruxelles, que la Société belge des professeurs de mathématiques d’expression française (SBPMef) a créé une épreuve annuelle : l’Olympiade Mathématique Belge (OMB). Cette année, la 37e édition est lancée depuis quelques jours. Ouverte à tous les élèves de l’enseignement secondaire francophone belge et luxembourgeois, l’OMB est subdivisée en 3 catégories : « Mini », « Midi » et « Maxi », destinées respectivement aux élèves des 1er, 2e et 3e degrés de l’enseignement secondaire.
La compétition se déroule en 3 phases :

  • L’éliminatoire a lieu dans chaque école inscrite sous la responsabilité d’un professeur. La majorité des 30 questions, auxquelles il faut répondre en 90 minutes, est à choix multiples. Les autres ont pour réponse un nombre entier compris dans l’intervalle [0 ; 999].
  • Sur la base des résultats communiqués par les Écoles, dix « secrétaires régionaux » convoquent les élèves qualifiés pour la deuxième phase, les demi-finales (qu’ils organisent). Les épreuves sont du même type que lors des éliminatoires, mais les questions présentent un degré de difficulté légèrement supérieur.
  • C’est ensuite au jury national qu’il appartient de déterminer quels seront les finalistes. Ceux-ci sont invités en un lieu central (la tradition veut que ce soit Namur), où il « planchent » pendant 4 heures à la résolution de 4 problèmes difficiles. Il est demandé cette fois de coucher par écrit toutes les démarches qu’ils entreprennent, car le jury valorise les idées pertinentes, y compris quand elles n’aboutissent pas, mais sont jugées intéressantes.
Des prix spéciaux sont en outre attribués aux élèves de première année de chaque cycle parvenus en finale et ayant montré un talent mathématique précoce et prometteur. Le prix Willy Vanhamme récompense la démonstration jugée la plus élégante, toutes catégories confondues.
Pour tout renseignement, pour faire participer une école, pour commander des annales, se connecter sur le site de la SBPM http://omb.sbpm.be (on y trouve notamment des questionnaires des différentes épreuves, …) ou adresser un mail à sbpm@sbpm.be.

Benoit BAUDELET, responsable général de l’OMB

mardi 20 septembre 2011

Olympiades suisses de mathématiques 2011/2012

L’OSM (Olympiades Suisses de Mathématiques) a pour but d’encourager les jeunes qui sont intéressés par les mathématiques dans toute la Suisse. A cette fin nous organisons chaque année plusieurs réunions et un camp d’une semaine. En tant que participant, tu auras un aperçu de sujets mathématiques captivants. Tu auras également l’occasion de tester tes connaissances grâce à des exercices qui sont souvent plus exigeants (mais aussi plus stimulants) que ceux que tu fais tous les jours à l’école.
En même temps, l’OSM sert de procédure de sélection au team OIM qui représentera la Suisse aux Olympiades Internationales de Mathématiques l’été suivant. Les six meilleurs participants de l’OSM 2012 se qualifieront donc pour l’OIM à Mar del Plata en Argentine (4 - 16 juillet 2012).
Six participants supplémentaires de l'OSM auront la possibilité de participer aux Olympiades Mathématiques d'Europe Centrale (OMEC). Cette compétition aura lieu en septembre 2012. De plus la Suisse participera à la "1. European Girls Mathematical Olympiad" en avril 2012 à Cambridge.

Adresse du site officiel : www.imosuisse.ch

dimanche 8 mai 2011

Concours : Mes mathématiques sur une étagère

Article premier. Mes mathématiques sur une étagère est un concours gratuit organisé par le Comité International des Jeux Mathématiques avec le partenariat des éditions Dunod.

Article 2. Le concours est ouvert à tous selon deux catégories : "Lycéens" et "Grand Public". Une seule participation par personne sera acceptée (même nom ou même adresse électronique).

Article 3. Les inscriptions se feront uniquement par Internet sur le site internet du concours accessible depuis le site du CIJM (http://www.cijm.org) à partir du mois de mai 2011.

Article 4. Les candidats ont treize énigmes à résoudre avant le dimanche 22 mai 2011.

mercredi 29 septembre 2010

Les 100 ans de la Société Mathématique Suisse

Cette année, la Société Mathématique Suisse fête son centième anniversaire ! Pour commémorer ce siècle d’activité, illustré par tant de mathématiciens - suisses ou pas, la SMS organise une série d’événements, qui culmineront les 1er et 2 octobre prochains, avec la Conférence du Centenaire qui se tiendra à Berne. Outre des exposés de collègues et amis français (Jean-Pierre Bourguignon et Etienne Ghys), on pourra y voir et y entendre les deux Médailles Fields « suisses » (Vaughan Jones et Stanislas Smirnov) ; enfin F. Hirzebruch et S. Chatterji évoqueront leurs souvenirs personnels de Heinz Hopf et Georges de Rham.
A noter également le superbe volume math.ch/100, publié par la SMS pour garder un souvenir durable de ce centenaire, et qui renferme une foule de détails sur l’évolution des mathématiques en Suisse au cours de ces 100 années.

Alain Valette, Professeur à l'Université de Neuchâtel

mardi 28 septembre 2010

Nouvelle suite record pour les nombres premiers

Deux mathématiciens français ont battu un record dans le domaine des nombres premiers, en créant un polynôme inédit. «Nous avons souri quand l’ordinateur a sorti son listing avec le résultat», se souvient, heureux, François Dress, professeur émérite en mathématique à l’université de Bordeaux. Avec son collègue Bernard Landreau, maître de conférences à l’université d’Angers, il vient de battre, grâce à une "grappe" d'ordinateurs, un record étonnant. Il s'agit de la plus longue suite de nombres premiers tirés des valeurs consécutives prises par un polynôme.
Un polynôme P est une fonction mathématique de la forme, P(x) = AxN+BxN-1+....+Hx+K. Le polynôme le plus connu est l’équation d’une parabole, P(x)=x2.
Le leur s’écrit P(x)= (1/72)x6 – (5/24)x5 – (1493/72)x4 + (1027/8)x3 + (100471/18)x2 –(11971/6)x – 57347. Et si x prend les valeurs de –42 à +15, soit 58 entiers consécutifs, alors le résultat donne 58 nombres premiers (des nombres seulement divisibles par un et eux-mêmes), comme 39300979, 32074681.... C’est le fameux record.

Six mois de calcul

Il aura fallu près de six mois de calcul avec une quarantaine de processeurs en parallèle du Centre de Calcul Intensif des Pays de Loire et du CNRS, pour parvenir au résultat, qui a nécessité de tester plus de 300 milliards de milliards de polynômes.
L’histoire de ce record remonte à Euler qui en 1772 trouve que le polynôme x2+x+41 donne 40 nombres premiers lorsque x prend la valeur des 40 entiers, de 0 à 39. En 1989, Ruby fera mieux avec 45 valeurs -record actuel dans la catégorie des polynômes dit de degré 2 car ne faisant intervenir que des puissances de 2 au maximum.
Puis en 2001, Dress et Landreau, déjà eux, ont trouvé un polynôme de degré 4 et un autre de degré 5 ayant 49 valeurs consécutives donnant des nombres premiers. En 2002, ils trouvent un polynôme de degré 5 et 57 nombres premiers. Et huit ans plus tard, c’est le record actuel.

Pas de limite

En théorie, il n’y a pas de limite à ce que quelqu’un puisse faire mieux. Mais en pratique, cela peut s’avérer très long. «C’est un domaine très étroit des mathématiques, mais ce qui nous motive outre le record est de trouver les techniques et théories qui permettent d'augmenter l'efficacité des calculs, et de mieux comprendre le comportement des polynômes. C’est aussi un moyen de sonder les mystères de l’ensemble des nombres premiers», explique François Dress.
Pour exposer leur modèle et leurs résultats, les deux mathématiciens préparent maintenant un article pour la revue Journal of experimental mathematics.

David Larousserie, Sciences et Avenir.fr, 23/09/10

vendredi 24 septembre 2010

IMAGINARY à Zurich


« IMAGINARY mit den Augen der Mathematik » est une exposition interactive itinérante créée pour l'Année des Mathématiques (2008) par le Mathematisches Forschungsinstitut d'Oberwolfach, un important centre de recherche en mathématiques allemand. Elle rassemble des représentations géométriques générées par ordinateurs, des installations interactives et des objets 3D à couper le souffle obéissant pourtant à des formules mathématiques simples. À la fois scientifique et artistique, elle veut montrer aux yeux de tous la beauté cachée des mathématiques.
Chaque image de l'exposition est accompagnée d'une fiche expliquant ses propriétés mathématiques et comment elle a été générée. Dans la partie interactive, les visiteurs peuvent définir les équations des objets, modifier les paramètres et changer les couleurs sur un grand écran tactile et en temps réel. Cette exposition, qui a déjà tourné en Allemagne, Autriche, Angleterre, États-Unis et Ukraine, se déplacera au département de mathématiques de l'École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ), du 21 septembre au 7 octobre 2010.

Deux sites pour en savoir plus : www.imaginary-exhibition.com et www.imaginary.ethz.ch

vendredi 20 août 2010

Les médaillés Fileds 2010 sont...

Stanislav Smirnov, un professeur de l'Université de Genève, s'est vu décerner jeudi la Médaille Fields 2010. Ce prix est la plus haute distinction, attribuée tous les quatre ans, dans le champ des mathématiques.
Le professeur Smirnov, né à Saint-Pétersbourg il y a près de 40 ans, a été récompensé pour ses travaux dans le domaine de la mécanique statistique. Ses recherches servent notamment à modéliser l'écoulement de liquide à travers des matériaux poreux, afin d'évaluer la probabilité que le liquide coule à travers ou non.
La remise de cette médaille constitue une première suisse. Jamais un chercheur en activité dans une université helvétique n'avait encore reçu ce prix, a indiqué jeudi l'Université de Genève. Le seul antécédent est le professeur Vaughan Jones. Il avait obtenu ce prix en 1990, mais il avait déjà quitté l'alma mater genevoise.

Les lauréats 2010 de la médaille Fields sont :

  • Elon Lindenstrauss
  • Ngô Bảo Châu
  • Stanislav Smirnov
  • Cédric Villani

Sources : Romandie.com, Futura-Sciences

dimanche 8 août 2010

Cinq mille milliards de décimales pour Pi

Alexander Yee et Shigeru Kondo ont battu le record mondial de décimales pour Pi avec un ordinateur fabriqué sur mesure, le dernier chiffre est un 2. Shigeru Kondo, ingénieur japonais qui a monté complètement cette machine pour la somme modique de 18000 dollars et Alexander Yee, un étudiant qui a développé le programme de calcul Y-cruncher, ont dû attendre 90 jours et utiliser pas moins de 6 téraoctets en espace disque pour y parvenir. Au-delà du record, il est intéressant d'inspecter la configuration de l'ordinateur, qui est pour le moins impressionnante.

  • Processeur : 2 x Intel Xeon X5680 @ 3.33 GHz — (12 coeurs, 24 hyperthreaded)
  • Mémoire : 96 GB DDR3 @ 1066 MHz — (12 x 8 GB — 6 channels) — Samsung
  • Carte mère : Asus Z8PE-D12
  • Disques dur :
    • 1 TB SATA II (Boot) — Hitachi
    • 3 x 2 TB SATA II (Résultats en sortie) — Seagate
    • 16 x 2 TB SATA II (Calculs) — Seagate
  • Raid Controller : 2 x LSI MegaRaid SAS 9260-8i
  • Système d'exploitation : Windows Server 2008 R2 Enterprise x64
Source : Sur-la-Toile

lundi 5 juillet 2010

Perelman a refusé le prix d'un million de dollars

MOSCOU — Le Russe Grigori Perelman, désigné en mars lauréat d'un prix du millénaire du Clay Mathematics Institute (CMI), a annoncé à cet institut, après plusieurs semaines de suspense, qu'il n'acceptait pas la récompense d'un million de dollars offerte avec le prix.
"Le docteur Perelman nous a indiqué qu'il avait décidé de ne pas accepter le prix d'un million de dollars. A l'automne 2010, le CMI annoncera comment la récompense sera utilisée au profit des mathématiques", a indiqué jeudi le CMI sur son site internet.
"J'ai refusé" le prix, a déclaré par téléphone M.Perelman à l'agence de presse russe Interfax, ajoutant que "la raison principale est un désaccord avec la communauté (...) mathématique. Leurs décisions ne me plaisent pas, je les considère injustes".
"Je pense que la contribution du mathématicien américain Richard Hamilton à la résolution de ce problème n'est pas inférieure à la mienne", a-t-il précisé.
M. Perelman était déjà absent au début du mois de juin à Paris lors d'une cérémonie destinée à le récompenser pour avoir résolu la "conjecture de Poincaré". Pour avoir résolu ce célèbre problème, le Russe s'était déjà vu décerné en 2006 la médaille Fields, considérée comme le "Nobel des mathématiques". Une autre récompense qu'il a refusée.
Il s'agit d'une "immense percée en mathématiques", a souligné le président du Clay Mathematics Institute. Cette structure américaine dédiée à la diffusion du savoir en maths avait présenté en 2000 sept "problèmes du millénaire" promettant une récompense d'un million de dollars pour la résolution de chacun d'eux.
Seulement trois ans plus tard, Grigori Perelman annonçait "à la surprise générale" la solution du problème de topologie posé en 1904 par le mathématicien français Henri Poincaré, sur lequel "il avait travaillé en secret pendant sept années", résume Cédric Villani, directeur de l'Institut Poincaré à Paris.
Faisant fi des canons de la presse scientifique, Perelman, aujourd'hui âgé de 43 ans, avait publié sa démonstration sur un site internet. Ses résultats ont ensuite été longuement vérifiés par d'autres mathématiciens.
La casse-tête connu sous le nom de "conjecture de Poincaré" est un test permettant de dire si une forme quelconque est une sphère en trois dimensions. La surface de la Terre ou une peau d'orange sont des sphères en deux dimensions situées dans un espace à trois dimensions.

Source : AFP, 3 juillet 2010

mercredi 5 mai 2010

Cours : Histoire et épistémologie des mathématiques dans les temps modernes

Contenu du cours

Après le cours 2003 au Brassus, la CRM organise à nouveau un cours consacré à l'histoire et l'épistémologie des mathématiques. Les sujets abordés seront particulièrement variés et couvriront une période allant du 16e au 20e siècle. G. Heinzmann parlera de manière générale des approches en philosophie des mathématiques.
Plusieurs problèmes mathématiques seront ensuite présentés sous un angle à la fois historique et épistémologique. La géométrie occupera une part importante avec un exposé de J.D. Voelke sur le statut des axiomes géométriques, deux exposés de K. Volkert sur la notion d'aire et la place de l'expérience en géométrie et un exposé de P. Lombard sur la perspective. Ce dernier abordera aussi un thème pédagogique en parlant de l'expérience des mathématiques modernes dans l'enseignement.
Le cours comprendra aussi des exposés en rapport avec la logique et l'algèbre. J. Boniface expliquera ainsi comment Frege a essayé de fonder les mathématiques sur la logique ; elle comparera aussi certains aspects de la conception des mathématiques de deux grands algébristes: Dedekind et Kronecker.
E. Barbin parlera pour sa part de l'histoire des algorithmes, d'Euclide à Turing, ainsi que des courbes, un domaine situé au carrefour des mathématiques, de la physique et de la technique. Ce programme particulièrement éclectique devrait permettre aux participants de découvrir de nouveaux horizons et d'être initiés aux recherches actuelles en histoire et philosophie des mathématiques.

Pour s'inscrire (délai : 26 juillet 2010)

samedi 20 mars 2010

Le prix du millénaire pour Grigori Perelman

Génie des maths ou savant fou?

Il a résolu l'un des problèmes de mathématiques les plus difficiles posés au 20e siècle, tellement dur que tout le monde s'y est cassé les dents. Pourtant le Russe Grigori Perelman refuse tous les honneurs et vie reclus. Il n'ira pas chercher son million de dollars de récompense.

Il est l'un des plus grands mathématiciens de notre époque. Grigori Perelman a cumulé les plus grands honneurs dans sa discipline. Et, jeudi, l'Institut Clay pour les mathématiques, basé aux Etats-Unis, l'a de nouveau récompensé car il a résolu la "conjecture de Poincaré", listée par l'organisation comme l'un des sept problèmes de maths les plus difficiles posés au 20e siècle, dans le cadre de son "Prix du Millénaire". L'initiative, lancée en 2000, avait pour but de mieux faire connaître au grand public cette discipline et ceux qui l'exercent. Ainsi, au-delà de la récompense, chaque mathématicien récompensé recevra la somme d'un million de dollars. Mais le Russe, âgé de 43 ans et première personne ainsi gratifiée par le concours, n'ira pas les chercher.
Car Grigori Perelman n'est pas un mathématicien comme les autres et n'a jamais obéi aux canons de la science. Décrit par ses collègues comme timide, presque muet, ne pensant qu'au travail, cet expert en "topologie géométrique" a travaillé dans l'ombre pendant de nombreuses années et trouvé la solution de la conjecture de Poincaré en 2002. Le problème avait jusque là résisté depuis son énonciation en 1904 par Henri Poincaré, l'un des plus grands savants français. En résumé, il s'agit d'une hypothèse qui traite des propriétés des sphères à trois dimensions. En l'écrivant pour la première fois, son auteur, qui n'en avait pas lui-même la solution, estimait déjà que "cette question nous entraînerait trop loin". En un siècle, tous les plus grands mathématiciens s'y sont cassé les dents, personne n'arrivant à confirmer ou à infirmer la conjecture. Grigori Perelman a donc bien réalisé une prouesse. Il "a développé ses nouvelles idées et ses méthodes avec une grande maîtrise technique et a décrit les résultats obtenus avec élégance et concision. Les mathématiques en ont été grandement enrichies", explique ainsi l'Institut Clay dans un communiqué.

Rétif aux prix

Mais là où ses confrères auraient convoqué une foule de spécialistes pour évoquer une telle réussite ou auraient tenté de publier les résultats dans les plus grandes revues scientifiques, comme c'est le cas pour ce genre de découverte, le Russe a simplement publié son texte sur Internet. Le 11 novembre 2002, les 39 pages de sa démonstration sont déposées - sans aucun commentaire - sur une plateforme gratuite, destinée aux scientifiques. Perelman n'avait alors plus donné signe de vie depuis sept ans, disparaissant totalement du milieu scientifique. Il sortit de son silence un an plus tard pour donner des conférences de presse, afin de s'expliquer, ce que tout le monde attendait. Ses pairs ont alors mis à peu près trois ans pour vérifier ses conclusions, toutes justes.
La suite n'est qu'une histoire de fuite. En 2005, il démissionne de l'institut russe dans lequel il travaillait depuis plus de 15 ans. Il a toujours évité les médias, vivant dans l'ombre et cultivant un style hirsute. Selon ses proches, il a toujours préféré les balades en forêt à la compagnie des hommes. Pour la résolution de ce problème réputé insoluble, le milieu lui a fait les plus grands honneurs. Il fut ainsi récompensé par la plus haute distinction pour les mathématiques, la médaille Fields, peut-être plus prestigieuse qu'un Nobel (le prix Nobel de mathématiques n'existe pas) car délivrée seulement tous les quatre ans. Mais, il ne se rendit jamais à la cérémonie et refusa la médaille. Nul doute qu'il n'ira pas non plus chercher son chèque d'un million de dollars, qui doit lui être remis début juin à Paris.

Vivien Vergnaud, le 19 mars 2010 - leJDD.fr

< 1 2 3 4 5 6 7 >