Carré 26x26 incohérent
UTILISATION D' UN CARRE DE 26X26 INCOHERENT
Dans le domaine des substitutions polyalphabétiques, on a largement
utilisé le Carré de Vigenère. Celui-ci étant universellement
connu, il est aisé de comprendre que les efforts des concepteurs de procédés
de chiffrement se soient surtout reportés sur la clé pour contrer
les efforts des décrypteurs.
C'est ainsi que l'ouvrage de Kasiski ayant donné le coup de grâce
à l'emploi de la clé périodique, on vit éclore plusieurs
familles de solutions nouvelles :
- La clé « apériodisée » par différentes
méthodes. Quelle que soit la solution adoptée, un défaut
fondamental subsistait : les clés successives, différentes certes,
dérivaient toutes d'une même clé initiale.
- La clé claire indéfinie, aussi longue que le clair. Cette
solution montra très vite son point faible : elle ne résistait
pas à l'emploi du mot probable. Pire : une fois le mot probable correctement
positionné, on disposait de deux moyens d'étendre le décryptement
: d'une part, les hypothèses portant sur le clair, d'autre part, celles
portant sur le texte-clé.
- La clé incohérente indéfinie. Où la prendre
? (n'oublions pas que l'expéditeur et le destinataire devaient en être
détenteurs). Il importait de ne pas céder à la solution
de facilité consistant à prendre dans ses archives un ancien
cryptogramme, l'adversaire l'ayant peut-être intercepté. C'est
pourquoi le général Sacco suggère d'effectuer le chiffrement
préalable d'un texte convenu, dont le cryptogramme servira de clé
pour le chiffrement du message à transmettre. On obtient alors un niveau
élevé de sécurité, mais il faut faire deux chiffrements
au lieu d'un seul.
- Les procédés autoclaves se révélèrent
très douteux. Dans le procédé basé sur l'emploi
du clair en guise de clé, l' utilisation du mot probable faisait des
ravages considérables. Dans le procédé basé sur
l'emploi du cryptogramme lui même en guise de clé, les fragments
de clé se trouvant sous les yeux du décrypteur, celui-ci n'
avait qu'à en chercher la place exacte dans la clé.
- Enfin, aux alentours de 1920, apparut la clé aléatoire une
fois. Sur le plan de la sécurité, elle était irréprochable
: l'impossibilité du décryptement n'était plus seulement
une opinion d'expert (l'histoire montre qu'ils se sont tant de fois trompés),
mais une certitude mathématiquement démontrable. Elle suscita
sans aucun doute beaucoup d'enthousiasme. J'ai entendu des gens peu compétents
affirmer que la cryptologie était une science qui avait perdu toute
utilité. Il fallut déchanter : si le problème du générateur
d'aléa fut bien résolu de diverses manières, de nombreux
problèmes apparurent très vite : la nécessité
de produire des quantités considérables de clés, et surtout
l'inaptitude de ce procédé au fonctionnement en réseau
(précisons qu'il faut entendre par réseau un ensemble de correspondants
où chacun d'eux doit pouvoir correspondre avec chacun des autres).
Dans un réseau, la quantité de clés aléatoires
à mettre en place croit en progression géométrique lorsque
le nombre des correspondants croit en progression arithmétique.
Lire
la suite de l'article de Pierre Baud (pdf).
|
|
Pierre Baud, 3.8.09 |
  |