Comment reconnaître un chiffre ?
Bien qu'en cryptanalyse théorique on considère que le système
de chiffrement est connu, dans la réalité il n'en est pas ainsi. Nous donnons
ici quelques pistes pour reconnaître un chiffre. Il faut cependant être conscient
que la liste est loin d'être exhaustive!
La première choses à faire quand on se trouve devant un message chiffré est de faire des statistiques: nombre de lettres, fréquence de chaque symbole, histogramme. De l'histogramme on peut déjà dire si c'est une substitution simple, une transposition ou... autre chose.
 |
|
 |
Exemple d'histogramme caractéristique d'une
substitution simple (en français) |
|
Exemple d'histogramme caractéristique d'une
transposition (en français) |
Si c'est une substitution simple, on doit retrouver des pics, qui correspondront aux lettres les plus fréquentes de la langue (par exemple, dans l'exemple ci-dessus, le E est très probablement remplacé par le B).
Si c'est une transposition, l'histogramme des lettres sera presque identique à l'histogramme théorique de la langue (les fréquences des lettres seront les mêmes puisqu'elles n'ont pas été remplacées).
Si c'est une substitution simple ou une transposition, on peut aussi deviner la langue d'après les statistiques d'apparition des lettres pour une langue donnée.
Si on retrouve pas de pics, c'est que l'on a affaire à un autre type de chiffrement.
 |
Exemple d'histogramme caractéristique d'un
chiffre de Vigenère (en français) |
Les symboles utilisés dans le cryptogramme sont des lettres
Soit n le nombre de lettres du cryptogramme.
- Si on a un nombre pair de lettres et qu'il n'y a que peu de lettres différentes, on peut les regrouper par deux et les interpréter comme des coordonnées dans une grille (voir le chiffre ADFGVX).
- S'il n'y a que 9 lettres différentes, c'est peut-être un chiffre de Collon.
- Si on a supposé qu'il s'agit d'une transposition, disposer les lettres en a lignes et b colonnes, avec a·b=n. Essayer ensuite de retrouver la règle de transposition (facile à dire!).
- Si n est un carré (p. ex 64, 81, 100, etc), il faut penser à l'utilisation d'une grille carrée, et peut-être d'une grille tournante.
- Il peut aussi s'agir d'une substitution homophonique.
- Le cryptogramme peut aussi avoir été construit à partir d'un système à répertoire.
Les symboles utilisés dans le cryptogramme sont des chiffres
Il y a plusieurs façons d'interpréter ces chiffres. En voici quelques-unes:
- Si les nombres sont compris entre 1 et 26, il s'agit peut-être d'une substitution simple, où un nombre remplace une lettre (par exemple A=1, B=2, etc.). Pour en être sûr, faire un histogramme.
- Si les nombres données sont compris entre -25 et 25, il s'agit peut-être de décalages par rapport à l'alphabet usuel ou à un texte qui sert de clef.
- Si on a un nombre pair de chiffres, on peut les regrouper par deux et les interpréter comme des coordonnées dans une grille (voir le chiffre de Polybe).
- Il s'agit aussi peut-être de la position d'une lettre dans un texte qui sert de clef (voir le chiffre du livre)
- Il peut aussi s'agir d'une substitution homophonique.
- Le cryptogramme peut aussi avoir été construit à partir d'un système à répertoire (voir le code Sittler).
Références