Niveaux d'attaques

Chapitre: XVII. Cryptanalyse Prérequis: -

Un des axiomes fondamentaux de la cryptographie, énoncé pour la première fois par Auguste Kerckhoffs au 19e siècle, est que l'ennemi possède tous les détails de l'algorithme et qu'il ne lui manque que la clef spécifique pour le chiffrement.

On appelle attaque une tentative de cryptanalyse.

L'attaque à texte chiffré seulement (ciphertext-only attack)

Le cryptanalyste dispose du texte chiffré de plusieurs messages, tous ayant été chiffrés avec le même algorithme. La tâche du cryptanalyste est de retrouver le plus grand nombre de messages clairs possibles, ou mieux encore de retrouver la ou les clefs qui ont été utilisées, ce qui permettrait de déchiffrer d'autres messages chiffrés avec ces mêmes clefs.

L'attaque à texte clair connu (known-plaintext attack)

Le cryptanalyste a non seulement accès aux textes chiffrés de plusieurs messages, mais aussi aux textes clairs correspondants. La tâche est de retrouver la ou les clefs qui ont été utilisées pour chiffrer ces messages ou un algorithme qui permet de déchiffrer d'autres messages chiffrés avec ces mêmes clefs.

L'attaque à texte clair choisi (chosen-plaintext attack)

Le cryptanalyste a non seulement accès aux textes chiffrés et aux textes clairs correspondants, mais de plus il peut choisir les textes en clair. Cette attaque est plus efficace que l'attaque à texte clair connu, car le cryptanalyste peut choisir des textes en clair spécifiques qui donneront plus d'informations sur la clef (voir l'exercice sur le procédé autoclave).

L'attaque à texte chiffré choisi (adaptative-plaintext attack)

Le cryptanalyste peut choisir différents textes chiffrés à déchiffrer. Les textes déchiffrés lui sont alors fournis. Par exemple, le cryptanalyste a un dispositif qui ne peut être désassemblé et qui fait du déchiffrement automatique. Sa tâche est de retrouver la clef.


Didier Müller, 14.7.01