CORRESPONDANCE SECRETE
La loi du 13 juin 1866 accorde au public la faculté de
correspondre en chiffres par le télégraphe
L'extrême importance de ce mode de communication ne peut échapper à personne. Il est aussi utile dans les relations de famille et les transactions commerciales, que dans les rapports diplomatiques.
Le Dictionnaire chiffré, de F.-J. SITTLER, composé dans le but de faciliter la rédaction et la traduction de dépêches secrètes, renferme à peu près tous les mots et expressions d'un usage fréquent.
Pour employer le langage secret, au moyen de ce Dictionnaire, il suffit d'indiquer à son correspondant la page et la ligne où se trouve le mot ou l'expression qu'on veut lui transmettre.
A cet effet, on adopte d'un commun accord, une pagination conventionnelle, en employant dans un ordre quelconque les numéros depuis 00 jusqu'à 99, et une combinaison également conventionnelle des deux chiffres de la page avec ceux de la ligne.
EXEMPLE : Supposons que la première page reçoive le no 82, l'expression : « Nous acceptons votre offre, » ligne 64, sera représentée :
par 8264
ou 6482
ou 8624
ou 6824
etc., etc.
C'est-à-dire que la page sera représentée, ou par les deux premiers chiffres ou par les deux derniers, ou par le 1er et le 3me, ou par le 2me et le 3me, etc., et la ligne par les deux autres.
On peut ainsi, d'un commun accord, augmenter ou diminuer d'une ou plusieurs unités, un quelconque des 4 chiffres du groupe.
Il est facile de se convaincre qu'on peut ainsi créer un nombre infini de clefs absolument indéchiffrables.
Les mots, syllabes et lettres, se suivent dans l'ordre alphabétique.
Les réunions de mots, locutions et expressions se trouvent à la suite du mot qui en forme le sens principal.
EXEMPLE : « Je vous préviens que » se trouve après le mot prévenir.
A la fin de chaque lettre, quelques lignes ont été laissées vides pour recevoir les mots ou noms propres qu'il pourrait convenir aux correspondants d'y ajouter.
Afin de comprendre dans le Dictionnaire le plus grand nombre de mots possible, il a été fréquemment porté sur la même ligne, tantôt le verbe et le substantif, tantôt l'adjectif et l'adverbe; dans l'usage, le sens indique facilement lequel des deux mots on doit employer.
Les verbes figurent à l'infinitif et sont toujours traduits par le présent de l'indicatif, lorsqu'ils ne sont suivis d'aucune indication de temps.
EXEMPLE : « Nous marcher » se traduira par : « Nous marchons. »
Tandis que « nous marcher futur » se traduira par « nous marcherons. » Les verbes d'un usage fréquent s'y trouvent d'ailleurs dans les principaux temps.
Les mots ou noms propres non contenus dans le Dictionnaire doivent être syllabés. Dans ce cas chaque syllabe commençant par une consonne sera représentée par un groupe de 4 chiffres.
Les groupes représentant les lettres, les syllabes, les signes de ponctuation, les temps des verbes, se succèdent de la même manière que ceux indiquant des mots ou des expressions.
On obtient le compte des mots d'une dépêche télégraphique chiffrée, en divisant la somme totale des chiffres par 5.- Ainsi, 25 groupes de 4 chiffres ne comptent que pour 20 mots.
MODÈLE D'UNE DÉPÊCHE CHIFFRÉE
LAMBERT FRÈRES, Constantinople :
1900 7810 3893 4111 6406
0010 0647 0341 2246 7428
DUMONT.
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Extrait de la page numérotée (à la main) 82 :
(Cliquez sur l'extrait pour voir la page complète)
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