Même si l'on observe quelques tentatives primitives de communiquer entre bateaux par des drapeaux depuis l'Antiquité, c'est seulement en 1738 que le capitaine français Mahe de la Bourdonnais conçoit le premier code de pavillons numériques. Dix fanions de couleurs différentes y correspondent chacun à un chiffre de 0 à 9. Trois séries de dix, soit trente fanions, représentant les unités, les dizaines et les centaines, permettent ainsi de représenter les nombres de 0 à 999.
En 1790, Lord Richard Howe, de la British Royal Navy, propose The Howe Code, composé de dix pavillons colorés, six drapeaux spéciaux pour les caractères de contrôle et un dictionnaire de 260 entrées numériques, étendu à 340 en 1799.
En 1803, l'amiral sir Home Popham (voir portrait ci-contre) publie son Telegraphic Signals or Marine Vocabulary. Ce répertoire comprend quelques 3000 signaux numériques correspondant à des mots, des expressions et jusqu'à des phrases entières. De 1803 à 1812, Popham va également enrichir le système à pavillons d'une nouvelle gamme de fanions numériques correspondants à une liste alphabétique de différents termes. Via la combinaison des trois, voire quatre fanions, on dispose désormais d'un vocabulaire de 30'000 mots.
| # | Mot | # | Mot | # | Phrase |
|---|---|---|---|---|---|
| 26 | Able | 1026 | Aback | 2026 | Shall I leave off action? |
| 27 | Above | 1027 | Abate-d-ing-ment | 2027 | I have been in action |
| 28 | About | 1028 | Abrupt-ly | 2028 | I have not seen any action |
| 29 | Abreast | 1029 | Abundance-t-ly | 2029 | I have heard of an action |
| 30 | Absence-t-ed-ing-tee | 1030 | Accomodate-d-ing | 2030 | |
| 31 | Absolutely | 1031 | Accomplish-ed-ing-ment | 2031 | I am clear for action |
| 32 | Accept-ed-ing-ance | 1032 | Account-ed-ing | 2032 | Shall I commence action? |
| 33 | Accidently | 1033 | Accurate-ly | 2033 | |
| 34 | Accompany-i-ed | 1034 | Accuse-d | 2034 | In coming into action, do you lead? |
| 35 | According-ly | 1035 | Acknowledge-d-ing-ment | 2035 | Go to the Admiral's office |
1805: À la bataille de Trafalgar, l'amiral Horatio Nelson transmet le message "England expects that every man will do his duty". Les huit premiers mots sont dans le répertoire de Popham, mais "duty" a dû être épelé car ce mot n'y figurait pas.
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L'image ci-dessous montre les drapeaux du système développé par Lord Richard Howe, et ceux de Sir Home Popham (notez que l'inversion du drapeau 4 n'est pas une erreur). Les drapeaux numériques de Popham correspondent aussi aux lettres A à K (I et J sont identiques), les lettres suivantes étant représentées par deux drapeaux. L'image montre aussi les drapeaux du code de Marryat, qui va précéder le système international actuel.

C'est en effet le capitaine Frederick Marryat qui rédige en 1817 le premier répertoire de code international. Dans son Code of Signals for the Merchant Service, les pavillons de couleur correspondent à 9000 numéros distincts renvoyant à des mots précis. Une terminologie standardisée qu'exploitent tous les marins du monde. Ce code restera en service jusqu'à la fin des années 1870.
En 1870, c'est la publication de l'International Code of Signals, aujourd'hui encore référencé sous le même titre. Après encore bien des changements, il faudra attendre le 1er janvier 1934 pour que soit adopté le nouveau Code International.
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Certaines combinaisons de deux ou trois drapeaux correspondent aussi à des messages. Par exemple, le pavillon jaune (Q) et le triangle jaune et bleu (1R) signale une maladie contagieuse à bord.
![]() Le Temple du Soleil, p. 3 Le drapeau jaune (Q) combiné avec le drapeau à damier jaune et noir (L) signifie «Navire en quarantaine».
![]() Le Temple du Soleil, p. 5 |