Le code de Mary Stuart

Chapitre: IV. Codes Prérequis: -

Au matin de 15 octobre 1586, Marie Stuart prénètre dans la salle d'audience bondée du château de Fotheringhay. Elle est jugée pour trahison, accusée d'avoir pris part à un complot tendant à assassiner la reine Elizabeth, afin de s'emparer elle-même de la couronne d'Angleterre. Sir Francis Walsingham, Premier secrétaire de la reine Elizabeth, avait déjà fait arrêter les autres conspirateurs, avait obtenu leurs aveux et les avait fait exécuter. Malheureusement pour Mary, Walsingham était aussi le chef de l'espionnage anglais. Il avait intercepté les lettres de Mary aux conspirateurs et connaissait l'homme capable de les déchiffrer: Thomas Phelippes.
Le chiffre utilisé n'était pas simplement une substitution, mais plutôt un nomenclateur, comme le montre la figure ci-dessous. Il était constitué de 23 symboles qui remplaçaient les lettres de l'alphabet (sauf j, v et w), ainsi que de 36 symboles représentant des mots ou des phrases. Il y avait en outre quatre nulles et un symbole qui signifiait que la lettre suivante était une lettre doublée.

Ce code était trop simple pour résister à un des meilleurs cryptanalystes d'Europe.
Mary Stuart avait été arrêtée dix-huit ans plus tôt, pour le meurtre de son mari. En fait, c'était surtout un prétexte car beaucoup de sujets considéraient que c'était elle la souveraine légitime de l'Angleterre et non Elizabeth. Toutes les lettres que Mary écrivait et recevait depuis sa semi-captivité étaient interceptées, ouvertes, recopiées avant d'être acheminées à leur destinataire. Walsingham eut l'idée, pour démanteler complètement le réseau, d'introduire de faux post-sciptum dans les lettres adressées à Mary pour qu'elle écrive les noms des conspirateurs. Trop confiante en son code, elle le fit. Tous ses complices furent arrêtés et sauvagement exécutés. Elle-même mourut décapitée le 8 février 1587 (voir image ci-dessous).


Référence


Didier Müller, 8.12.02