La Suisse devient toujours plus sûre en matière de sécurité sur Internet, malgré une année 2010 record en cyberattaques.

Malgré la forte croissance des cyberattaques dans le monde, la Suisse devient toujours plus sûre en la matière. Elle s’est classée au 43e rang au niveau des activités malveillantes sur Internet l’an dernier, alors qu’elle était 35e en 2010, selon le rapport annuel de Symantec.
La firme américaine de sécurité informatique, qui analyse chaque jour des millions d’informations grâce notamment à des leurres installés sur Internet, a indiqué mardi une augmentation de 93% des attaques en ligne en 2010 dans le monde. Elle a répertorié 286 millions de logiciels malveillants pour quelque 3 milliards d’attaques.
L’amélioration de la situation en Suisse pourrait venir de la hausse des activités cybercriminelles dans d’autres pays comme les Pays-Bas et la Corée du sud. Ces Etats ont ainsi rattrapé la Suisse au classement mondial. Les prestataires de services Internet helvétiques s’engagent aussi activement contre les attaques.

Attaques ciblées

Actuellement, les cyberattaques sont de plus en plus ciblées et furtives. Elles abandonnent progressivement le vecteur du spam pour se tourner vers les réseaux sociaux et les téléphones mobiles. «On vise des populations précises avec l’objectif de voler tout type d’information ayant une valeur», résume Laurent Heslault, directeur européen des technologies de sécurité chez Symantec.
Exemple typique de cette régression des «attaques en masse» au profit d’actions ciblées, la diminution des spams qui «ont connu une année noire en 2010: alors qu’on recensait en août dernier 250 milliards de spams envoyés par jour, on en est actuellement à quelque 20 à 30 milliards quotidiens», a indiqué M. Heslaut.
«Avant, on envoyait un virus à la terre entière. Maintenant, des sortes d’usines multiplient les variantes et vont délivrer un logiciel malveillant unique pour chaque ordinateur», détaille-t-il.

Attaques contre les mobiles

Les activités qui tournaient autour du spam se reportent aussi désormais clairement vers les réseaux sociaux, nouveaux vecteurs de propagation. «On va bombarder les murs d’utilisateurs de liens qui vont envoyer l’internaute peu méfiant vers des sites infectés», explique Laurent Heslault.
Le rapport cible également la recrudescence (+42%) des attaques en direction des téléphones mobiles. «Dans de nombreux cas, les cybercriminels ont infesté des utilisateurs de portables en introduisant un programme malveillant dans des applications existantes légitimes», souligne Symantec.

Source : 24 heures