Le blog-notes mathématique du coyote

 

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Editorial

Ce blog a pour sujet les mathématiques et leur enseignement au Lycée. Son but est triple.
Premièrement, ce blog est pour moi une manière idéale de classer les informations que je glâne au cours de mes voyages en Cybérie.
Deuxièmement, ces billets me semblent bien adaptés à la génération zapping de nos élèves. Ces textes courts et ces vidéos, privilégiant le côté ludique des maths, pourront, je l'espère, les intéresser et leur donner l'envie d'en savoir plus.
Enfin, c'est un bon moyen de communiquer avec des collègues de toute la francophonie.

mercredi 17 octobre 2012

Pourquoi les jeux vidéos violents nous rendent-ils agressifs ?

Il est maintenant admis que les jeux vidéos violents ont un effet temporaire mais notable, augmentant l'agressivité et diminuant l'empathie. Des chercheurs français ont tenté de mieux comprendre le mécanisme qui est à l'oeuvre. Ils ont invité 136 élèves de niveau collégial (11-15 ans) à jouer à des jeux vidéos pendant 20 minutes. Les jeux étaient soit violents (Condemned 2, Call of Duty 4, The Club) soit non violents (S3K Superbike, Dirt 2, Pure). Ensuite, les élèves devaient compléter une histoire, puis jouer à un jeu qui leur permettait de sanctionner leur adversaire en choisissant l'intensité et la durée d'un son désagréable.
Il s'est avéré que ceux qui ont joué aux jeux vidéos violents ont choisi des sanctions plus longues et plus fortes. Ils ont également complété l'histoire de manière différente, en présupposant une plus forte hostilité du personnage. C'est ce qui explique, selon les chercheurs, l'augmentation de l'agressivité. Ainsi, le fait d'être mis en situation de compétition hostile pendant le jeu biaise les perceptions du joueur qui continue à se comporter comme si son environnement était dangereux. De là découle le comportement plus agressif.
Il faut noter que les auteurs se gardent bien de stigmatiser les jeux vidéos, rappelant que cela s'applique à de nombreux médias, et que ce n'est pas nouveau: Abraham Lincoln, déjà, se plaignait de l'anxiété du lecteur qui s'attend à une nouvelle catastrophe chaque fois qu'il ouvre le journal. Il faut noter également que le mode de jeu est important, ainsi une étude récente montrait que les jeux en mode coopératif permettaient au contraire de réduire l'agressivité et les rivalités.

Pour aller plus loin : Hasan, Y., Bègue, L. & Bushman, B. (2012). Viewing the World Through "Blood-Red Tinted Glasses": The Hostile Expectation Bias Mediates the Link Between Violent Video Game Exposure and Aggression. Journal of Experimental Social Psychology, 48, 953-956.

Source : Sur-la-Toile

lundi 15 octobre 2012

Les femmes raffolent des émoticônes ;-p

Les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes d'utiliser les émoticônes (smileys) que les hommes. Pour les martiens qui viennent de débarquer dans notre espace-temps, il s'agit de petits caractères qui représentent des expressions faciales afin de refléter l'humeur de quelqu'un, de clarifier un message (souvent afin de ménager les susceptibilités).
L'étude a utilisé les données enregistrées sur les smartphones (prêtés) d'hommes et de femmes durant 6 mois. 124 000 messages ont été décortiqués. Les participants ne savaient pas sur quel thème de recherche les psychologues se penchaient. Les SMS sont devenus une forme très populaire de communication dans le monde. On estime que 8 milliards de milliards de messages seront échangés cette année. 100 % des participants ont utilisé des émoticônes, mais pas si souvent que cela. 4 % des messages avaient une ou plusieurs émoticônes.
Des études antérieures avaient montré que les femmes sont plus expressives que les hommes d'un point de vue émotionnel et non verbal. Cette étude n'effleure qu'une partie de la nature complexe des communications par médias interposés.

Pour aller plus loin : Chad C. Tossell, Philip Kortum, Clayton Shepard, Laura H. Barg-Walkow, Ahmad Rahmati, and Lin Zhong. 2012. A longitudinal study of emoticon use in text messaging from smartphones. Comput. Hum. Behav. 28, 2 (March 2012), 659-663. DOI=10.1016/j.chb.2011.11.012 http://dx.doi.org/10.1016/j.chb.2011.11.012

Source : Sur-la-Toile

dimanche 14 octobre 2012

Consommation de chocolat et chances d'obtenir un prix Nobel...

Le très sérieux New England Journal of Medecine publiait il y a deux jours un intéressant article du Dr F. Messerli. Partant de l'idée que les flavonoïdes, ces composés psychoactifs du chocolat, ont une excellente réputation d'antidépresseur et de stimulants intellectuels, ce bon docteur s'est posé la question d'un lien entre la consommation de chocolat et l'obtention de prix Nobel.
Vu qu'il est difficile de faire une rétrospective de la consommation individuelle de chaque Nobel, il prend une perspective d’ensemble et va chercher, à grande échelle, à corréler la consommation annuelle de chocolat par personne dans les pays comptant au moins un citoyen prix Nobel et le nombre de prix Nobel par habitant dans ces mêmes pays...


Les résultats sous forme graphique parlent d'eux-mêmes...

On retrouve en tête la Suisse, avec 22 prix Nobel attribués pour 7 millions d'habitants et une consommation individuelle de 11.9 kg de chocolat par an, soit 30 grammes par jour ! Bien entendu, l'étude présente ses limitations et ses biais, tant dans la conception que dans la méthode choisie, mais il reste intéressant que le résultat est statistiquement significatif... Comme quoi, corrélation et causalité restent des concepts différents.
On relèvera quand même que par honnêteté scientifique, l'auteur admet, dans la rubrique consacrée aux conflits d'intérêts, être lui-même un consommateur quotidien de chocolat !

Pour aller plus loin: Franz H. Messerli, M.D. Chocolate Consumption, Cognitive Function, and Nobel Laureates NEJM October 10, 2012

Source : Sur-la-Toile