L'année passée à la même époque, j'avais poussé un coup de gueule en voyant les résultats de maths de nos élèves. De nouveau, puisque rien n'a changé cette année, il était prévisible qu'on allait à la catastrophe. Ce fut le cas.
Relativisons un peu quand même. Cette année j'avais deux classes terminales: une classe d'option biologie-chimie bilingue et une classe non scientifique. Autant dire le jour et la nuit. La première a "bien réussi", si l'on compare avec les autres classes. La deuxième classe est historique (ce sont les mots de l'expert): 1.76 de moyenne à l'écrit !!! Douze élèves ont moins de 2, six ont entre 2 et 2.9. Une élève a eu 3. En plus, l'expert m'a dit que j'avais été généreux... Les champions du monde. Notons au passage que tous ces élèves ont eu leur matu. Quant à l'oral, ce fut évidemment aussi le pire de ma carrière (alors que ce fut l'un des meilleurs avec mon autre classe).
Tout cela m'inspire trois réflexions:

  1. Les profs ne servent (presque) à rien. Je veux dire par là que les bons élèves s'accommoderont de n'importe quel prof, et que même le meilleur prof du monde ne pourra rien faire avec des élèves qui ont décidé de laisser tomber sa branche.
  2. Les élèves n'ont plus d'honneur. Seul le résultat compte. Peu importe que l'on passe pour un(e) gros(se) con(ne) devant le jury. Dans la classe historique, seules 3 élèves sur 19 ont eu au final une note suffisante (elles ont toutes eu la note 4).
  3. Les examens de maturité sont une perte de temps. Tout est joué à l'avance. Les examens finaux ne changent rien.
Allez! Cela ira bientôt mieux. En effet, les conditions de promotion vont (enfin) changer cette année et les élèves pourront moins calculer. Espérons que les maturités suisses retrouveront le crédit qu'elles ont perdu depuis quelques années.

Pour finir, quelques perles de la classe historique:

On analyse une courbe représentant la marée à Londres.
Moi : "Savez-vous ce qui provoque les marées ?"
Une élève : "Ben, la mer elle monte parce que la Tamise elle met de l'eau dedans!" (sic).
Une autre élève, au fond: "C'est quoi la Tamise ?"

"L'intersection de deux plans est un cube."

Moi: " y = 2 est une droite horizontale. A votre avis, quelle est l'équation d'une droite verticale ?"
Une élève : "2 = y ?"

Moi: "C'est Winston Churchill qui a dit que..."
Une élève : "Celui des clopes ?"
Une autre élève : "Mais non ! Tu sais, l'Américain..."

Moi: "Il nous faut choisir une destination pour le voyage d'études. Que pensez-vous de Vienne?"
Une élève : "Vienne ? C'est où ça?"
Une autre élève : "Ah non ! Cela ressemble trop à Bienne..."